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C’est vachement drôle le mépris, non ?

 

Le mépris. Ce sentiment qui est, malheureusement, beaucoup trop présent dans nos vies. Que ce soit d’un “ami”, d’un professeur ou même de ses propres parents, on a déjà tous reçu ou entendu au moins une remarque méprisante. Certaines personnes trouvent ça drôle, d’autres le subissent. Aujourd’hui, je me prononce sur ce comportement qui m’agace au plus haut point.

 

Qu’est-ce que le mépris ?

Grammaticalement parlant, le mépris est un sentiment par lequel on considère quelqu’un comme indigne de son estime et moralement condamnable. Pour certains experts (scientifiques, psychologues), le mépris serait le reflet de la jalousie, l’envie, et d’une souffrance interne. Vauvenargues le pense aussi : “Nous méprisons beaucoup de choses, pour ne pas se mépriser soi-même”.        D’après moi, le mépris est un grand manque de respect, un acte embarrassant autant pour le méprisant que pour le méprisé. C’est même parfois une technique de manipulation, un moyen facile d’entrer dans la tête des plus faibles (car oui, ils ne s’attaqueront pas à quelqu’un susceptible de les détruire). Je suis de plus d’accord avec ces chercheurs. Les personnes méprisantes sont des personnes frustrées qui nous le font comprendre à leur manière, bien qu’elles ne soient pas les plus aimables. En vérité, leur motivation est justifiée, non ? Pourquoi rester seul dans sa souffrance quand on peut en emmener d’autres avec nous ?

 

Ce n’est pas ce que tu crois !

Le mépris peut être un véritable imposteur. Il peut tenter de se faire passer pour de l’humour alors qu’il connait bien ses intentions. Ne sois pas naïf mais attention à ne pas tout prendre pour du mépris. Certaines personnes ont un humour noir, un humour assez blessant qu’elles n’hésiteront pas à utiliser. C’est pour cela que la communication est la clé.

Maintenant que tu es prévenu, je vais te parler des différentes catégories de mépris.

 

Les différentes catégories de mépris

Tout d’abord, on a la première catégorie : le mépris de classe. Je parle de ces personnes qui pensent être supérieures car elles ont les moyens de s’acheter trois Tesla, deux châteaux et le dernier IPhone. Celles qui te toiseront car tes chaussures ne valent pas plus de quatre cents euros ou car “tu n’es jamais allé à Punta Cana !!! ”. Non, je ne suis jamais allée à Punta Cana et tu ne le mérites sûrement pas plus que moi. Ça, ce sont les superficiels. Et puis on a les “réalistes”. Je te mets en situation. Tu es une personne de bon cœur donc tu décides d’acheter quelque chose à manger à un sans-abri. Arrivé(e) au magasin, tu hésites à propos de ce que tu devrais prendre puis ta mère te dit : “Prends n’importe quoi, il devrait s'estimer heureux qu’on le nourrisse”. Indigné(e), tu lui dis alors : “Donc nous, on a le droit d’avoir des préférences car on a la chance d’avoir un toit sous lequel vivre et eux, non ?”. Elle te répond : “Ce n’est pas mon problème, il n’a qu’à trouver un travail”. Et ce n’est pas tout, il y a aussi les docteurs qui se sentent supérieurs aux infirmiers ou encore les personnes qui disent à leurs enfants : “Il faut que tu travailles bien pour pas finir comme lui/elle”. Voici le monde dans lequel nous vivons ! Comment peut-on trouver un travail dans une société avec cette mentalité. Au nom de quoi nous permettons-nous traiter les gens de cette manière ? Voire, de les juger de la sorte !

 

Ensuite on a la deuxième catégorie : ceux qui “donnent simplement leur avis” ou qui “disent ça pour notre bien”. Imagine-toi, tout(e) content(e) d’enfin manger ce gâteau au chocolat, celui dont tu as rêvé toute la journée, là un individu sort de nulle part et te dit : “Tu vas vraiment manger ça ? Je dis ça pour ton bien, après, tu fais ce que tu veux.”. Et voilà, ton moment est gâché. Soit tu le manges et le regrettes, soit tu le laisses derrière toi à cause de ce stupide commentaire qui n’avait pas lieu d’être. Deuxième exemple : tu rencontres quelqu’un que tu décides de présenter à ta famille et tes amis. La rencontre se passe bien, jusqu’à ce que tes proches se transforment en humoristes de renommée, en sortant des blagues et des remarques aussi drôles les unes que les autres : “Tu aurais pu trouver mieux”, “C’est sûr que ce n’est pas Brad Pitt/Angelina Jolie”, “Qu’est-ce qu’il est beau Quasimodo” (celles-ci sont les plus gentilles). Mais étant donné qu’on est France, et qu’ici la liberté d’expression est un droit, nous n’avons pas notre mot à dire. Et puis, ils ne font que donner leur avis. Rien de bien méchant.

 

Pour finir, on a la pire espèce, je pourrais écrire bien plus qu’un article sur celui-ci : le mépris physique et morale. J’aurais pu parler des deux premières catégories dans celle-ci, mais j’ai préféré les différencier.                                 J’en ai lourd sur le cœur, alors, ce passage est pour tous ceux qui ont ri au visage d’une personne qu’ils jugeaient “trop grosse”, “trop mince”, “trop petite”, “trop grande”, “trop fille”, “trop garçon”, “trop belle”, “trop bête”, “trop gentille”, “trop laide”. C’est pour tous ceux qui se sentent au-dessus de tout le monde car ils ont un meilleur niveau scolaire ou une meilleure culture générale. Parce qu’on le sait tous, savoir que Hitler est mort le 30 avril 1889, à 14h37 précise, ça nous place tout de suite à un autre grade. Ce passage est pour tous ceux qui ont pu se permettre d’associer le maquillage à la prostitution et la femme à la cuisine. Pour tous les homophobes, pour tous les racistes et pour tous ceux qui se croient supérieurs car ils ont “une meilleure idéologie” que nous. Ce passage est pour tous les arrogants qui ne te prennent pas aux sérieux car ils sont plus âgés que toi (oui un an d’écart ça fait toute la différence !). Pour tous ceux qui jugent les nombres de conquêtes, pour tous ceux qui jugent ceux qui ne font pas la fête. Ce passage est pour toutes ces personnes que je déteste.

 

Alors on s’aime ou pas ?

Maintenant, je m’adresse directement à tous ceux qui ont pu se reconnaitre au moins une fois en lisant cet article : pourquoi ? Pourquoi est-ce que vous ressentez le constant besoin de rappeler “qui vous êtes” ? Qu’est-ce qui vous fait penser que vous êtes aptes à mépriser vos égaux. Ne sommes-nous pas tous humain ? Pourquoi ne pas faire la paix avec les autres et avant tout faire la paix avec vous-même ? Comme Xavier Lacassagné l’a un jour dit : “Refusons le mépris, la haine, l’indifférence. A la solidarité donnons toujours notre préférence !”. Vos commentaires blessent et vous le savez très bien. Ils créent et accentuent des complexes. Ils font trop réfléchir et ils tuent parfois même. Personne ne mérite de sentir se méprisé (à moins que tu sois un arnaqueur ou l’un de mes voisins). Alors, arrêtons de manipuler, arrêtons de complexer les autres, arrêtons de juger et négliger. Arrêtons tout ça. Les plus réfléchis d’entre vous se remettront en question et en viendront à la conclusion que j’avais raison. Les autres ne changeront pas leur pratique et continueront à dédaigner le monde. Mais bon, après tout, qui suis-je pour les juger ?